Les Hells Orange Flags

La grosse pieuvre se fait griller au soleil coin Ontario et Valois. La Coaticook est revenue au William J. Walter en même temps que le retour des oies. Ça sent le printemps sur la Place Valois.

Et c'est aussi le retour... des Hells Orange Flags.

À 13h15, le chef de la clique fait son entrée avec son Ecolo Cycle, la chanson Get Rhythm de Johnny Cash qui joue dans le tapis. Il se park, va se chercher son petit cornet érable et noix quotidien et s'allume un cigare cubain tout en prenant une lichette de temps en temps. Son acolyte arrive pas longtemps après lui. C'est le comique des trois. Celui qui demande toujours un « petit blanc mou » à la serveuse de la crèmerie en lui faisant des clins d'œil. Et, pour finir, le petit tranquille, celui qui dit jamais un mot plus haut que l'autre, stationne son triporteur à côté des deux autres. Lui, il ne peut pas résister à son petit cornet à la cerise noire. Les Hells Orange Flags sont dans la place, leurs drapeaux orange qui ballottent au vent. Ils attendent de trouver leurs douces moitiés. Celles pour qui ils ne pourront pas résister. Nos trois crooners ont allumé leurs radars Tinder.

14h45, la Place Valois est remplie de familles pis de weirdos. Les Hochelagais se pitchent sur la nouvelle tornade à la tarte au citron parce que l'eau leur pisse dans le front. Il fait tellement chaud que la grosse pieuvre a besoin d'eau. Les Hells Orange Flags regardent de tous bords tous côtés en espérant trouver leurs dulcinées. Au loin, sur la rue Ontario, une jolie dame au manteau de toile mauve roule sur son triporteur. Les trois paires d’yeux se tournent pour la regarder. De l'autre côté, une autre dame vêtue d'un manteau fleuri est à bord de sa machine elle aussi. Les trois paires d’yeux se tournent maintenant vers elle. Les trois hommes sont obnubilés par tant de beauté.

Mais les deux femmes ne se sont pas vues…

La collision entre les deux triporteurs est aussi solide que le coup de foudre que les Hells Orange Flags ont ressenti. Un peu sonnées, les deux dames se fusillent du regard et se mettent à se poursuivre à bord de leurs bolides comme deux autos tamponneuses qui se courent après. Les 3 hommes se regardent. Ils partent leurs machines en même temps et quittent la Place Valois en quête de leurs futures épouses.
 

 


Crédit photo : Caroline Perron photographie

PRÉSENTATION DE FRED FOURNIER, Ouèreux d'Hochelag

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Je m'appelle Frédérik Fournier, je suis originaire de Saint-Eugène-de-Guigues au Témiscamingue et j’habite maintenant Hochelaga depuis juillet 2016. J'ai déjà habité 3 ans auparavant dans le quartier avant d’aller faire mes études en interprétation théâtrale au Collège Lionel-Groulx à Sainte-Thérèse. Maintenant comédien professionnel, j'ai fait plusieurs contrats d'animation et de shows de théâtre extérieur tant pour les tout-petits que pour les grands. Je suis fasciné par le conte. Je m'inspire de mon Abitibi natale pour écrire des histoires sortant de mon imaginaire de gars de bois et qui sont publiées sur la plateforme littéraire Bleu panache. Je vois Hochelaga comme une mini-communauté où tout le monde se connaît sans le savoir.

Je veux rendre hommage aux personnages d'Hochelag’! Ceux qui font partie de notre décor, que l'on croise sur Ontario ou Sainte-Cath et qui ont une histoire à raconter. Je veux parler de l'âme d'Hochelaga, la p’tite gang de motards en triporteurs, la madame qui se vomit le cœur au piano et tous les autres qu'on rencontre. Je veux vous les faire aimer et vous les faire découvrir par mes mini-contes.